Bahia/Clips

Toujours plus de bisous avec MC Beijinho

« Me Libera Nega » était un des tubes du dernier du Carnaval de Salvador, un baromètre de l’air du temps et de ce qui fait vibrer les rues de la capitale bahianaise. Il ne sera pas programmé ici sur les grandes radios mais le morceau de MC Beijinho ferait pourtant un bon tube de l’été, le truc léger et sans conséquence qui va bien avec les circonstances. Pourtant, derrière l’insouciance de cette chanson, se cache une histoire pleine de péripéties !

On pourrait dire que l’histoire de « Me Libera Nega » a commencé dans le coffre d’une voiture de police. Là où était enfermé le jeune Ítalo Gonçalves, dix-neuf ans, après qu’il se soit fait arrêté pour avoir volé deux téléphones portables en menaçant d’un couteau les victimes. Sur le trajet jusqu’au poste de police, Ítalo n’a de cesse de chanter à tue-tête son morceau « Ô me libera Nega deixa eu te amar » au point qu’un des policiers lui intime de la boucler tandis que son collègue informe une équipe de télévision du curieux passager qu’ils venaient d’attraper.

Dans un pays où le climat d’insécurité est entretenu par les médias qui font leurs choux gras du moindre fait divers, car c’est bien connu, comme le disait Bourdieu, « le fait divers fait diversion« , la première fois de sa vie où Ítalo Gonçalves aka MC Beijinho est apparu à la télévision, c’était dans une émission consacré aux faits divers et aux interventions policières ! Une équipe de l’émission Balanço Geral sur la chaîne TV Record attendait la voiture de police à son arrivée au poste. La suite fait partie de la légende de MC Beijinho : sitôt le coffre ouvert, les mains menottés dans le dos, il s’est lancé dans son interprétation rodée de « Me Libera Nega » ! Le début d’un phénomène viral au refrain irrésistible répété en boucle : « Vou te dar um beijo e depois vou te dar mais um, mais um, mais um… »

Alfredo Soares, professeur de musique à l’Université de Bahia (UFBA), s’enthousiasme : il n’a jamais entendu rien de tel que la façon qu’a MC Beijinho de découper ses syllabes pour poser son flow, une véritable œuvre d’art ! Caetano Veloso, soixante-quinze ans et toujours amoureux des nouvelles formes de musique populaire, reprend le morceau chez lui et partage ce clin d’œil sur les réseaux sociaux avant de reprendre « Me Libera Nega » sur scène pour la plus grande joie d’Ítalo, invité ce soir-là au concert.

Et la suite ? Mc Beijinho dit avoir déjà trente-six chansons à son répertoire. S’il n’a encore rien gagné ou presque, il a déjà un contrat en poche avec Universal. Le jeune home promet en tout cas qu’on ne l’y reprendra plus : c’était la première et la dernière fois qu’il se faisait coffrer par la police…

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