Bahia

Le Carnaval 2011 de Carlinhos Brown (2/2)

Ca y est, le Carnaval est fini. Comme tous les Bahianais, et peut-être même plus encore que les autres, Carlinhos Brown va pouvoir souffler un peu après s’être démené sur tous les fronts comme un beau diable. Nous évoquions hier ses trois premiers jours de carnaval, dans deux projets différents, aujourd’hui, suite et fin. C’est fini, on peut tout ranger, passer le balai… Ce qu’a symboliquement entrepris de faire Brown ci-dessous…

Après avoir fait tourner sa propre structure, le Camarote Andante, il était convié par Gilberto Gil pour une intervention comme toujours énergique sur son propre char, ou trio eletrico, l’Expresso 2222.

Mais, son intervention la plus marquante a eu lieu ce matin où le Mercredi des Cendres est traditionnellement dédié à son arrastão. Cette année, il a, comme par le passé, fusionné Timbalada et Olodum en un seul bloc, Timbaolodumlada. Mais également, histoire de marquer une trêve dans la rivalité entre Bahia et le Pernambouc, il a convié le célèbre ensemble carnavalesque de Récife, le Galo da Madrugada. Sans oublier qu’à cet arrastão 2011, Ivete Sangalo, star bahianaise par excellence, a également tenu à être de la partie.

Lors de mon premier séjour bahianais, on m’avait expliqué que Brown faisait du zèle avec ce déboulé au matin du mercredi des Cendres, que le Carnaval devait normalement se finir la veille, lors du Mardi Gras, et que l’Eglise voyait d’un mauvais œil cette manifestation, surtout en un jour ayant un sens religieux particulier. Et pas n’importe lequel ! Suivant le Mardi Gras, il est le premier jour du Carême et est dédié à la pénitence. Dites-moi, Monsieur Brown, c’est vrai que ce n’est pas très catholique toute cette agitation un tel jour.

Il semblerait que Brown ne soit pas le seul à avoir instauré cette tranche de rabe festif. L’arrastão pourrait se décrire comme une forme de remerciement à tous ces gens qui ont travaillé pendant le carnaval, notamment les plus humbles. Aussi, il est ouvert à tous quand les autres jours il faut s’acquitter d’un droit d’entrée prohibitif. Ce défilé ayant lieu au matin, pour être à pied d’œuvre, nombreux sont ceux qui dorment sur place cette nuit-là.

Cette année, toutefois, il y eut comme un retard à l’allumage et l’arrastão commença avec une heure-et-demie de retard. Mais cela n’inhiba l’enthousiasme de personne, pas plus que la pluie fine qui suivait elle aussi le parcours.

A cette occasion, les 200 percussionnistes étaient habillés d’un t-shirt que Brown avait lui-même dessiné et dont les ventes seront reversées pour la lutte contre le cancer du sein.

Carlinhos Brown lui-même semble incarner l’expression « monté sur des ressorts », quitte à devoir se chausser d’un accessoire de circonstance, une paire de jumping shoes, certes pas très esthétiques, et peut-être même un peu casse-gueule, mais certainement très efficaces pour être bondissant tout au long du circuit de l’arrastão. Peut-être commençait-il lui aussi à accuser la fatigue pour avoir recours à pareil subterfuge ?

Même nous, alors que nous n’avons pourtant fait que suivre ce carnaval très virtuellement, en face de notre écran d’ordinateur, ressentons ce soir un brin de fatigue. Aussi dérisoire que puisse paraître cette intérêt désincarné, c’était  amusant. Mais les meilleures choses ont une fin et il est temps d’aller dormir…

 

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