Disques/São Paulo

Le Premier bruit d’Aláfia

Six mois à peine après la sortie de son deuxième album, Aláfia n’a pas mis longtemps avant de se manifester. Le groupe lance un nouveau morceau inédit. Véritable hommage au rap brésilien des années quatre-vingt-dix, « O Primeiro Barulho » est le fruit d’une collaboration avec les DJs de Discopédia.

Alafia Discopedia

Le hip hop fait partie de l’ADN d’Aláfia mais « O Primeiro Barulho » lui permet aussi de réaffirmer son credo, à savoir son attachement aux religions de matrice africaine. « L’idée de départ, explique Eduardo Brechó, était de faire un morceau construit sur les citations des orixás faites par des artistes de rap brésilien, principalement dans les années quatre-vingt-dix » car, après, rappelle-t-il, le développement des églises pentecôtistes dans les périphéries populaires a mis un frein à l’évocation de ces références puisqu’il faut rappeler qu’elles sont considérées comme « sataniques » par ces évangéliques.

Le morceau repose sur le collage des platines sur les tambours du candomblé où ces derniers reprennent les phrases de scratches. À la base, une citation des Racionais MC’s* qui s’affirme comme un refrain entêtant, « sou mesmou eu e eu, meu deus e o meu orixá » (« c’est moi-même et moi, mon dieu et mon orixá ») qui exprime la musicalité du canto falado, le flow des rappeurs, avec un bel accent old school.

Alafiá, parfois décrit comme un groupe de « candomblé funk », ne perd rien de son groove avec la participation de Discopédia (DJ Marco et DJ Nyack). Avec force et fierté, il continue d’affirmer l’âme profonde du Brésil, sa conscience à la fois urbaine et ancestrale. Alafiá, une voix qui compte et un propos qui mériterait d’être entendu du plus grand nombre à l’heure où le Brésil semble s’enfoncer dans un climat de guerre civile…

La lyric video de « O Primeiro Barulho » est un hommage au rap vu par des diggers qui sortent les vinyls de la sacoche…

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* Les paroles intégrales du morceau des Racionais MC’s « Homem na estrada » ici. L’extrait devenu refrain intervient quand le narrateur s’apprête, à l’aube, à recevoir l’assaut de la police dans une favela. La phrase suivante : « le premier bruit, je tire » : « Sou eu mesmo e eu, meu deus e o meu orixá / No primeiro barulho, eu vou atirar ». D’une pierre deux coups, ça donne aussi le titre de la chanson d’Alafiá…

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