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Les Disques de 2015

Avec quelques jours de retard, voici le temps de notre petit rituel : la sélection de nos disques favoris de l’année écoulée. 2015 fut un millésime particulièrement bon. La contrainte de ne retenir qu’une dizaine d’albums a donc rendu l’exercice délicat.

Encore une fois, la sélection proposée vaut à l’instant où elle est publiée. On sait bien qu’avec le temps, certains albums décantent pour mieux révéler leur sève quand le charme d’autres finit par se dissiper… Néanmoins, si vous avez été lecteur d’Afro-Sambas.fr tout au long de l’année vous ne découvrirez là aucune surprise parmi les favoris, à part ceux, retard oblige, que je vais présenter dans les jours qui viennent… Pour les autres, on a déjà chanté leurs louanges avec l’enthousiasme sans cesse renouvelé qui nous caractérise.

Il est toujours hasardeux de vouloir dégager des tendances de fond d’un simple panorama discographique mais on s’amusera d’un changement de perspective en constatant que cette année les plus excentriques viennent de Rio tandis que les artistes dont l’expression est la plus classique sont de São Paulo. Bien sûr, le noyau dur autour de Kiko Dinucci et Thiago França a encore une fois été hyper-actif, les uns et les autres sortant et participant à plusieurs albums majeurs de l’année. Ils fuient la routine et leur évolution est continue, ceux-là sont là pour longtemps…

Sinon, on a fouiné, on a cherché mais on n’a pas eu le temps d’accorder à certains artistes toute l’attention qu’ils méritent. On n’oubliera pas non plus de rappeler que de ce côté-ci de l’Atlantique l’actualité de la musique brésilienne ne couvre qu’à peine 0,5% de ce qui s’y passe. Et encore, 0,5%, je suis gentil… À ce jour, aucun de nos albums favoris n’est encore distribué en Europe et on n’est même pas certain qu’ils le soient un jour. Heureusement que certains artistes mettent encore leur musique en téléchargement gratuit ou en écoute sur Soundcloud.

En attendant que vous publiez les vôtres en commentaire, voici mes coups de cœur 2015.

1. Zé Manoel, Canção e Silencio

Cette année, il était difficile de contester la première place à Elza Soares mais il était encore plus difficile de rivaliser avec un artiste quand celui-ci semble touché par la grâce. Pour son deuxième album, le jeune Zé Manoel, pianiste, chanteur et compositeur originaire du Pernambouc, a signé un album sublime. En configuration trio jazz ou avec orchestre, il réussit un sans faute. Autant inspiré par la bossa nova que par la mer…

Zé Manoel

L’album était en téléchargement gratuit lors de son lancement, ce n’est plus le cas aujourd’hui…

La chronique : « La Mer, le piano et les merveilles de Zé Manoel »

2. Elza Soares, A Mulher do Fim do Mundo

À près de quatre-vingt ans, Elza Soares renaît une nouvelle fois tel un Phénix. Pour ce faire, la toujours moderne Elza s’est entouré du groupe le plus séminal du moment : la bande à Marcelo Cabral, Kiko Dinucci, Rodrigo Campos et Guilherme Kastrup. Ces jeunes artistes lui ont offert leur dévotion sans pour autant se laisser intimider par cette légende vivante. Elle fut leur muse pour un album intense, bruyant et bouleversant.

Elza Soares A Mulher do Fim do Mundo

L’album est en écoute sur le site de Natura Musical

La chronique : « Après elle le déluge : Elza Soares »

3. Aláfia, Corpura

Avec sa douzaine de membres, le groupe d’Eduardo Brechó est sans conteste le grand orchestre funk du moment. Un funk empreint de conscious lyrics et de thématiques sociales porté par la spiritualité du candomblé. « Preto Cismado » pourrait être mon titre fétiche de l’année, une claque qui sonne comme si Funkadelic se mettait à honorer les orixás !

Alafia corpura

La chronique : « Le Cosmic Toque d’Aláfia »

4. Eduardo Gudin & Nóticias dum Brasil 4

Un maître revient et sort un album qui semble être une véritable anthologie d’un samba de São Paulo, un album de samba dédié à l’amour, tout en douceur mélancolique. Qu’on y retrouve en invités Toquinho, Carlos Lyra ou Paulinho da Viola ne fait que renforcer l’impression qu’on est face à un disque d’un autre temps, celui des classiques intemporels. Pour attirer votre attention, il existe une autre raison, plus actuelle, d’écouter ce magnifique album : y sentir l’évidente filiation entre Gudin et Kiko Dinucci à ses débuts de jeune sambiste…

Eduardo Gudin 4

La chronique : « Very Gudin News : le retour d’un maître du samba de São Paulo »

5. Jonas Sá, Blam ! Blam !

Comment une année serait-elle supportable si elle s’écoulait sans un fou génial pour égayer nos jours et nos soirées ? Jonas Sá est celui-là, le trublion qui n’en fait qu’à sa tête, mélange tout avec une déconcertante facilité. Brillant et allumé ! Nous lui décernons en plus le prix de la plus belle pochette même (ou justement) si elle lui a occasionné quelques soucis en ces temps de pruderie ambiante. Mais, que voulez vous, comme nous l’écrivions en présentant l’album : quand le vieux sage montre la lune du doigt, l’imbécile regarde la… paire de lunes…

Jonas Sa blamblam

La chronique : « Blam ! Blam ! et tout ça »

6. Ava Rocha, Ava Patrya Yndia Yracema

Certainement la révélation de l’année. Pour son premier album en solo, Ava Rocha a su inventer un univers résolument original. Aidé par la production de Jonas Sá, elle ne va jamais dans le sens du poil. Quand bien même elle signe de belles ballades, chantée d’une voix grave, elle n’hésite pas à les confronter à des éléments bruitistes.

Ava Rocha ava patrya yndia yracema

L’album est en téléchargement gratuit sur son site.

La chronique : « Ava y va et nous y va aussi »

7. Rodrigo Campos, Conversas com Toshiro

N’y allons pas par quatre chemins : Rodrigo Campos est un des trésors cachés de la musique brésilienne. S’il est évidemment reconnu là-bas par les amateurs et ici par quelques passionnés, il est grand temps qu’il puisse à son tour, après ses amis Criolo et Metá Metá, venir faire découvrir au public international sa musique si personnelle. Ce troisième album, comme son nom le laisse deviner, est une rêverie nippone qui ressemble avant tout à l’imaginaire de son auteur.

Rodrigo Campos Conversas com Toshiro

L’album est en téléchargement gratuit sur le site de Rodrigo Campos

La chronique : « Le Japon fantastique de Rodrigo Campos »

8. Fabiana Cozza, Partir

Fabiana Cozza est une diva majuscule du samba. Une voix magnifique et forte qu’elle met au service de compositeurs (notamment) bahianais comme Roberto Mendes et Tiganá Santana pour toujours explorer plus en profondeur son héritage afro-brésilien et cultiver son « abismo racinal » et son « não ser occidental« . Son plus beau disque.

Fabiana Cozza partir

La chronique : « Fabiana Cozza, l’or de l’âme brésilienne »

9. Roque Ferreira, Terreiros

Le vieux maître du samba de Bahia revient enfin avec Terreiros, seulement son deuxième album de carrière, après le premier en 2003. Est-ce parce qu’il est si grognon que son album est sorti dans une si assourdissante confidentialité ? Toujours est-il qu’il signe un recueil de chansons à la beauté rugueuse, sans compromis. Tel qu’en lui même, brut de décoffrage. On y revient bientôt…

Roque Ferreira-terreiros
La chronique : à suivre…

10. Chico César, Estado de Poesia

C’est d’un silence de huit ans qu’est sorti en 2015 Chico César. Celui qui fut, avec Lenine ou Zeca Baleiro, un des principaux artisans du renouveau de la MPB dans les années quatre-vingt-dix, avait mis sa carrière musicale entre parenthèses pour occuper, durant six ans, la charge de Secrétaire d’Etat à la Culture de son Paraíba natal.

Il revient très inspiré et sa voix porte. Sa poésie, il la dédie à sa compagne et à ses thèmes de contestation favoris. Toujours aussi fin mélodiste, toujours aussi terrible pour balancer des rythmes entraînants et festifs. On y revient très vite…

Chico César - estado de poesia

La chronique : à suivre…

Sur ce : Bonne Année à tous et meilleurs vœux !

 

Une réflexion sur “Les Disques de 2015

  1. Hello
    My name is Junião and i’m a brazilian illustrator and musician too.
    I’m integrant of Senzala Hi-tech, a band that mix afro brazilians rythms and latin with hip hop. Soon we will launch our first EP and share it for free download.
    This picture under the message is the kind of illustrations based on afrofuturism characters that i create like symbols of our band.

    Hope you enjoy it

    SENZALA HI-TECH EP

    The collective presents his rap with latin-african origins

    « Come with us, who doesn’t owe, it doesn’t fear, the order was investigate us, i think that you understand me. » With this mix of call for rebellion and riot against the persecution of black peoples starts the song Só Pra Constar (It’s only to you to know), one of the six tracks of the first EP of the brazilian collective Senzala Hi-Tech launched in november.

    Formed in São Paulo, in 2012, the group defines itself with the collective because it brings people together with differents experiences and repertories diverse, around to the goal of making music with an eye for the African ancestry of members. The project was idealised by the Taekwondo athlete Diogo Silva, gold medal in 2007 Panamerican Games, by rapper Sombra, integrant of the band called SNJ, by the musician and producer Minari (SNJ) and the percussionist and cartoonist Junião, integrant of electronic jazz group Lavoura. DJ Ajamu, of the Racionais MCs, the most important rap group of Brazil, and the percussionists Gustavo Da Lua (Nação Zumbi) and Edgar Abreu are part of group too.

    influenced by music and visual arts made from Africa to the Americas, the Senzala Hi-Tech mix hip-hop beats to different rhythms inherited all these people and rooted Brazilian culture. But wants to go further: unite afro-brazilian and afro-latin cultures, add sounds and the history of the jongo, the coco and the maracatu to other sounds like salsa, arabic music, samba and what more has to do with the members. Always absorbing all influences of this melting pot of cultures that is the city of São Paulo.

    The EP with six copyright songs were recorded in São Paulo, in Casa Azul, studio and cultural place that the band adopted as headquarter, and mastered in Timeless studio in New York. The whole EP is available for free download on the band website, senzalahitech.com.br. For news, agenda and more informations, follow us in our Facebook fanpage too: Facebook.com/SenzalaHiTech

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