Cinéma/France

Une Histoire du cinéma brésilien à la Cinémathèque de Paris

Si vous êtes à Paris et que le printemps n’est encore qu’une promesse non tenue, vous avez la chance de pouvoir préférer les salles obscures au ciel gris et faire une cure intensive de cinéma brésilien. En effet, le Festival du Cinéma Brésilien de Paris ouvre sa 17ème édition cette semaine et la Cinémathèque de Paris propose actuellement une formidable rétrospective de deux mois : Brasil ! Une histoire du cinéma brésilien.

Histoire cinéma brésilien

Jusqu’au 18 mai, vous pourrez découvrir un panorama très complet de tout ce que le Brésil a pu créer en matière de 7ème art. Depuis Humberto Mauro, pionnier de l’époque du muet, à Kleber Mendonça Filho, réalisateur du remarquable Les Bruits de Récife, toutes les générations de cinéastes sont représentées.

Bien sûr, on pourra revoir des films de Glauber Rocha (Le Dieu noir et le Diable blanc, Antônio das Mortes), et d’autres figures du Cinema Novo comme Nelson Pereira dos Santos (Sécheresse, Qu’il était bon mon petit Français), Carlos Diegues (Ganga Zumba, La Grande ville, Bye bye Brésil…). Mais si le Cinema Novo demeure le seul mouvement à avoir acquis une reconnaissance internationale dans l’histoire mondiale du cinéma, cette rétrospective sera aussi l’occasion de découvrir le Cinema Marginal de Rogério Sganzerla (O Bandido da luz vermelha) et Júlio Bressane, ou même quelques curiosités du cinéma de genre local, comme les films d’horreur de Zé do Caixão (À Minuit je possèderai ton âme).

Bien sûr, les œuvres majeures et incontournables du cinéma brésilien sont au programme : Cabra marcado para morrer d’Eduardo Coutinho (1984), A Lira do Delírio de Walter Lima Jr (1978), avec Anecy Rocha, frère de Glauber et épouse du réalisateur, dans son dernier rôle puisqu’elle fit une chute mortelle dans la cage d’ascenseur de son immeuble avant la fin du tournage, São Paulo, Sociedade Anônima de Luis Sergio Person (1965). Kleber Mendonça Filho a récemment commenté ces films pour Libération. Il distinguait le dernier cité de la majorité des films nationaux, le cinéma brésilien étant, dit-il, un cinéma de l’Autre : « de par l’héritage du Cinema Novo, les auteurs d’ici se sentent presque obligés d’aller chercher la face cachée de la société brésilienne, même si 98% d’entre eux sont issus de la classe moyenne ou de la bourgeoisie. C’était et cela reste exceptionnel de consacrer un film vraiment personnel à son propre environnement, en l’occurrence, dans le cas de São Paulo, Sociedade Anônima, la classe moyenne urbaine, l’industrialisation accélérée, l’ouverture récente de la nouvelle capitale à Brasília, la confrontation entre un personnage et la vie dans l’immensité de la ville« .

Si la rétrospective programme tous les incontournables de ces dernières années, comme Central do Brasil de Walter Salles ou La Cité de Dieu de Fernando Meirelles, Tropa de Elite de José Padilha ou Madame Satã de Karim Aïnouz, on pourra également découvrir des films récents plus confidentiels dont certains n’ont pas encore été distribués en France, ainsi que le travail de jeunes réalisateurs comme Juliana Rojas, venue présenter ses courts-métrages et le long Trabalhar cansa.

Bien sûr, vous pouvez toujours retrouver une grande partie des classiques du cinéma brésilien en streaming sur internet pour vos séances de rattrapage, mais c’est une opportunité rare de pouvoir regarder ces films sur grand écran. Pensez que rien que cette semaine, vous pouvez assister aux projections de São Paulo, Sociedade Anônima, le 10 avril, de O Bandido da luz vermelha, le 12, et à une journée entière consacrée à Glauber Rocha, le 11. Je n’en dis pas plus sinon la liste serait trop longue et cela ne fait qu’attiser mon regret qu’un tel événement n’ait pas lieu près de chez moi…

 

Le programme détaillé et les horaires : Brasil ! Une histoire du cinéma brésilien (18 mars – 18 mai) à la Cinémathèque de Paris

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