Disques/São Paulo

Le Grand saut de Pipo Pegoraro

La gravité est-elle un signe de maturité ? Auquel cas, nul doute qu’à trente-cinq ans Pipo Pegoraro a franchi une étape marquante de sa carrière avec Mergulhar Mergulhei, son troisième album…

Taxi Imã, sorti en 2012, demeure un de nos disques préférés de ces dernières années. On y découvrait un univers original et de belles chansons portées par une pulsion afrobeat. Dans la foulée, Pipo Pegoraro avait intégré, en tant que guitariste, l’excellent collectif d’afro-funk Aláfia et nous imaginions que son nouvel album s’inscrirait dans une telle continuité. Ce qui n’est pas tout à fait le cas…

Pipo Pegoraro - mergulhar mergulhei

Comme Taxi Imã, Mergulhar Mergulhei est un disque construit sur une dynamique collective où les musiciens prennent une part active aux arrangements, où les improvisations surgies au cours des sessions ont été préservées et tissent une trame d’une grande richesse. Comme sur Taxi Imã, on retrouve les membres du groupe afrobeat Bixiga 70 : Décio 7 (batterie), Marcelo Dworecki (basse), Cuca Ferreira (saxophone), Gustávo Cék (percussions), ainsi que Fernando Trz (claviers) et Lucas Cirillo (harmonica).

Pour étoffer encore cette incroyable matière instrumentale, on notera la présence du quatuor à cordes Alma Negra (sur des arrangements de Marcelo Cabral, l’omniprésent), ainsi que les participations au chant de Xênia França (du groupe Aláfia), Filippe Catto et Romulo Fróes.

Alors même que l’on retrouve des traits et des intonations communes propres à leur auteur, des rythmiques et lignes de basse obsédantes, les nouvelles compositions de Pipo Pegoraro semblent vouloir brasser plus large (il cite notamment l’influence de Steve Reich) et les écoutes en révèlent la richesse de détails.

Quand Taxi Imã était solaire et léger, Mergulhar Mergulhei ouvre la porte a des couleurs et des climats plus tourmentés. Ce fameux cap de la maturité ? Nul doute que Romulo Fróes, responsable de la direction artistique de l’album, a su pousser Pipo à explorer un registre plus intime. Mergulhar signifiant « plonger » en portugais, on constate combien il s’est jeté profond et sans retenue dans l’accomplissement de cette œuvre qui l’installe incontestablement parmi les artistes à suivre.

PipoPeg

On peut écouter l’intégralité de l’album ci-dessous mais aussi le télécharger gratuitement sur le site de Pipo Pegoraro simplement en laissant une adresse de messagerie…

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