Bahia/Portrait

Les 50 ans de Carlinhos Brown !

Ce type est décidément bigger than life et sa vie est un roman qui ne pourrait s’écrire qu’en plusieurs tomes. Carlinhos Brown s’est imposé depuis trente ans comme une figure résolument originale de la musique brésilienne, un de ses seuls artistes à, peut-être, jouir d’une plus grande reconnaissance à l’étranger que chez lui. Carlinhos Brown fête aujourd’hui ses cinquante ans. Mais un siècle ne suffirait pas à la plupart de ses pairs pour réaliser ne serait-ce que le quart de ce qu’il a accompli. Pour Brown, pas besoin d’être un chat et d’avoir plusieurs vies, la sienne est déjà si riche.

Brown 50

D’Antônio Carlos Santos de Freitas, né le 23 novembre 1962 à Salvador, on connaît une partie de la légende qu’il a lui-même contribué à édifier : l’enfant d’un milieu défavorisé qui est pris sous son aile par Pintado do Bongo, son maître, qui lui enseignera la percussion. La reconnaissance quand Caetano Veloso puis tant d’autres reprennent ses compositions. La fondation de Timbalada, sa gigantesque créature carnavalesque, abritant des centaines de percussionnistes peinturlurés… Son dévouement à faire du Candéal Pequeno, son quartier, un lieu unique où il a fait construire une salle de concert à ciel ouvert, le Candyall Guetho Square, un studio d’enregistrement à la renommée internationale, l’Ilha do Sapo, une école de musique ouverte gratuitement aux musiciens des rues, Pracatum. Sans oublier les projets de rénovation de l’habitat précaire dans lequel vit la population. Etc, etc…

Si, ces derniers temps, on le retrouve surtout dans la peau d’un jury d’une émission de télé-réalité, The Voice, en homme-sandwich vantant les mérites de tel ou tel produit, ou encore en inventeur de la caxirola, l’instrument de la prochaine coupe du Monde, sorte de caxixi destiné à autant marqué les eesprits, et les oreilles, que les vuvuzelas sud-africains, Carlinhos Brown demeurera toujours comme l’initiateur d’une véritable révolution esthétique dans l’histoire de la musique brésilienne. Il est l’homme qui aura mis les percussions sur le devant de la scène alors qu’elles étaient jusqu’alors reléguées à l’arrière-plan.

Carlinhos Brown est probablement l’artiste le plus fréquemment évoqué ici. Cet anniversaire va donc être l’occasion de se replonger dans les archives qui lui sont consacrées. Mais un tel hommage ne saurait être complet sans un document rare : une interview originale de 1999 quand il me reçut à Salvador et me fit visiter son quartier général du Candéal…

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