Documentaires/Rio

Partideiros, le samba de partido alto par ses acteurs : un documentaire de 1978

 Je viens de découvrir ce court documentaire sur Receita de Samba, un blog « ami ». Vinicius Terror, son auteur, est semble-t-il biologiste dans la vraie vie mais pour ce qui nous concerne, on retiendra qu’il propose régulièrement des documents rares sur le samba. Car la vocation de la Receita de Samba, c’est d’aller creuser vers les racines, d’honorer les grands anciens, les maîtres du samba, mais aussi ses acteurs de l’ombre. Il vient ainsi de mettre en ligne une vidéo qui est un témoignage précieux sur le partido alto, un documentaire réalisé par Carlos Tourinho en 1978 et simplement intitulé Partideiros.

Rien de tel que le samba de partido alto pour se faire une idée de la pratique conviviale du samba. Celui-ci se joue au fond des arrières cours, il est accompagné de nourritures roboratives, comme une feijoada, et de bières, beaucoup de bières. C’est une expression musicale collective. Autour d’un thème, accompagné d’un cavaquinho, éventuellement d’une guitare, et de percussions, les chanteurs se succèdent et improvisent leurs interventions. D’où cet incroyable côté festif, cette spontanéité parfois approximative. Et de là aussi cette façon d’entrer dans la ronde en y faisant irruption, parce qu’il y en a d’autres derrière qui attendent leur tour… Chacun exulte, s’exclame, à fond.

Partideiros est réalisé par Carlos Tourinho. Il a bénéficié des conseils experts de Nei Lopes et Rubem Confeti, sambistes eux-mêmes. On n’y retrouvera pas la même qualité cinématographique que dans Partido Alto de Leon Hirszman, présenté ici (même si le micro y apparaît souvent dans le champ). Partido Alto est un film exceptionnel, notamment pour la première partie concentrée autour de Candeia mais Partideiros est aussi une formidable plongée dans cette pratique du samba à l’écart des médias. On y retrouve même certains participants du film d’Hirszman : Osmar do Cavaco, inamovible et imperturbable sur son cavaquinho, Argemiro et Casquinha, éminents membres de la Portela.

Si le film est un témoignage précieux, c’est aussi parce qu’on y croise Clementina de Jesus. Hélas, on ne l’entend presque pas chanter. Par contre, qui s’en donnent à cœur joie, on découvre Geraldo Babão et Guara. Avec eux, la question de l’authenticité est tout bonnement hors de propos. Et quand je dis que le partido alto est un moment où l’on aime bien boire, on a l’impression que la fête a déjà commencé depuis longtemps quand ils sont filmés dans les rues. Face caméra, ils prennent le micro, balancent quelques mots. On les retrouve ensuite autour d’une table en pleine séance de samba. Et quels voix ! Des voix éraillées, des voix abîmées, des voix de samba ! Terrible. Le contraste est saisissant quand on découvre, interrogé juste après eux, Wilson Moreira, toujours avec le micro face caméra : voilà le beau gosse après les deux borraches !

Dans le film, on remarque aussi que nos vieux sambistes ont gardé le pied léger, comme en témoigne leurs pas de danse, cadrés au ras du sol.

Il ne faut pas s’arrêter à la première intervention de Bucy Moreira où le son est très mauvais, presque inaudible car ça s’arrange un peu par la suite. Il n’est de toute façon pas question de HD ou de haute-fidélité ici. Si fidélité il y a, c’est seulement à l’esprit du samba !

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