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Bambas 2, la rencontre Brésil-Jamaïque orchestrée par BiD

Un album qui réunit U-Roy, Sizzla, Luciano, des musiciens de Nação Zumbi, Chico César, Karina Buhr, soit une belle rencontre jamaïco-brésilienne, possède probablement une des plus belles distributions de l’année… Avec Bambas Dois, le producteur BiD a réalisé son rêve, un rêve ambitieux…

L’influence jamaïquaine sur les musiques mondiales est une chose incroyable pour un si petit pays. Tellement incroyable qu’on n’y prête même plus attention. Pourtant, le monde entier a dansé sur le skank du reggae et vibré de la secousse sismique du dub. Partout cette influence donna naissance à des vocations, des recréations, des hybrides, des manières de faire la musique qui en sont directement inspirées. Au Brésil, ce véritable continent musical a lui aussi subi l’influence de cette île des Caraïbes. Le simple samba-reggae de Bahia, ou Kaya N’gan Daya, l’album de reprises de Bob Marley par Gilberto Gil, seraient en soi  une illustration suffisante de cet apport. Plus généralement, tout artiste brésilien a bien un jour ou l’autre, au détour d’un album, enregistré un morceau reggae.

Le projet de BiD est plus ambitieux et il a pris le temps de le réaliser. C’est le deuxième volet de la série Bambas dont le premier remonte déjà à 2005. J’avais découvert BiD à travers le premier album de Funk Como Le Gusta, ce formidable big band funk de São Paulo et ses productions pour Chico Science & Nação Zumbi (période Afrociberdelia). Quand il décide d’enregistrer son premier album solo, Eduardo Bidlovski réunit une belle équipe et initie le projet Bambas & Biritas Volume 1. Il y rassemble l’ancienne et la nouvelle génération pour ses débuts en solo. Du côté des anciens, citons Marku Ribas (guitare et percussions), Carlos Dafé (claviers) ou encore Lula Barreto (basse). Sans oublier Elza Soares, invitée sur un titre. Du côté des jeunes, on retrouve Seu Jorge, Nação Zumbi ou les rappeurs Black Alien, Rappin’ Hood et Funk Buia. L’album est une réussite qui donne de la soul au samba, ou l’inverse.

Précisons : si vous entendez bamba au Brésil, oubliez tout de suite « para bailar la… », rien à voir. Un bamba, c’est un sambiste respecté, un homme d’expérience et de talent, un sacré numéro. On comprend alors la nécessité du projet Bambas de BiD de croiser les générations.

Si on ne pouvait rêver plus bel équipage pour rallier la Jamaïque depuis le Brésil, l’ambition de BiD n’était pas de faire un disque de reggae ou de samba. Non, il s’agit de concocter une mixture originale, de faire se rencontrer les rythmes brésiliens et jamaïquains. Baião com reggae, maracatu com dance hall, arrasta-pé com ska, annonce la pochette. Quoi d’autre encore ? Bobo Shanti com berimbau ?

Le projet a commencé à germer dans l’esprit de BiD, le jour où il était sur une petite embarcation en Jamaïque et qu’il commença à écouter le disque de Chico César qu’il venait de produire, Francisco, Forro y Frevo. Il fut très surpris de constater que, spontanément, le matelot à la barre se mit à chanter avec facilité sur cette musique. Le déclic ! Il se dit aussitôt : « c’est ça le prochain Bambas ». Dominguinhos, également invité, souligne cette proximité. Il raconte que la première fois qu’il entendit Bob Marley, en 1972, il était en compagnie de Gilberto Gil et lui fit la remarque qu’il suffirait d’y ajouter du triangle pour en faire un xote !

Et c’est ainsi qu’il enregistra d’abord au Brésil, puis en Jamaïque, aux studios Tuff Gong et Achor… Pour se faire une idée, voici la vidéo du premier single, « Only Jah Love », un reggatu (sic) interprété par Sizzla. Pour information, il est réalisé par Fred Ouro Preto, évoqué précédemment ici pour avoir gagné la semaine dernière le prix du meilleur clip de l’année avec celui de Emicida, « Então Toma ».

Je n’ai pu encore écouter que les trois morceaux qui sont proposés en téléchargement gratuit* sur le site de Natura Musical, le mécène cosmétique. Pour patienter, on pourra aussi regarder le making-of de l’album en attendant de découvrir la suite… Et compléter la liste des participants au projet : Ernest Ranglin, The Heptones, Queen Ifrica, Ky-Mani Marley, Tony Rebel, Daniel Ganjaman, Dengue, Marcelo Cabral, etc…

Bambas Dois @ Natura Musical

Chico César & Jah Marcus, « Little Johnny »
Jesse Royal & Karina Buhr, « World Cry (Al Fayah Mix)
Sizzla Kalonji & Bi Ribeiro, « Only Jah Love »

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* Quitte à proposer des téléchargements gratuits, pourquoi se contenter d’un bitrate aussi chiche (160kbps) ?

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