Bahia

Carlinhos Brown, en visite à Cuba

 

Décalage horaire oblige, à l’heure où je poste ce message, Carlinhos Brown est actuellement en train de donner un concert à La Havane. Les sorties de ses deux albums Adobró et Diminuto ne l’ont pas empêché de s’envoler pour Cuba. Ce qui nous donne un excellent prétexte pour revenir demain sur son album latino, Carlinhos Brown É Carlito Marrón, sorti en 2003, et rappeler les liens qui le rattachent à Cuba.

Invité par le Consejo Nacional de las Artes Escénicas, en partenariat avec la Agencia Brasileña para la Promoción de las Exportaciones e Inversiones (ApexBrasil), il se produit avec son groupe et des musiciens cubains invités, notamment le groupe de reggaetonGente de Zona. Sa venue participe également au projet audiovisuel P.M.M (Por un Mundo Mejor).

Percussionniste, il semble naturel que Carlinhos Brown soit sensible à la musique cubaine et à son incroyable richesse de rythmes. Cet attachement à Cuba ne date pas d’hier et nous ne mettrons pas en doute sa sincérité quand, à son arrivée sur l’île, il la jouait Joséphine Baker en déclarant ces deux amours aux journalistes cubains : « estoy enamorado de mi país y de Cuba. Tenemos mucho en común« . Cuba et le Brésil sont des « nations jumelles« , affirmait-il.
Ces dernières années, on l’a d’ailleurs retrouvé à collaborer avec des artistes cubains, ainsi il livrait une version hallucinée du « Ishmael » d’Abdullah Ibrahim, avec le pianiste Roberto Fonseca, sur Zamazu, l’album de celui-ci. Il a également composé pour Omara Portuondo la chanson « Casa Calor », qui figurait sur l’album Flor de Amor de cette dernière. Ce séjour cubain lui a fourni l’occasion de la saluer, ainsi que d’autres artistes.
Les images témoignent également de son intérêt de longue date pour la culture et la musique cubaines. Ainsi dans Bahia Beat, le documentaire que Claude Santiago lui avait consacré il y a presque quinze ans, on le voit expliquer aux enfants du Candéal que Cuba est leur cousine, et possède les mêmes racines yorubas…

Dans El Milagre de Candeal, enfin, le film de Fernando Trueba organisé autour de la découverte de Bahia par le pianiste Bebo Valdès, Brown profite de l’occasion pour le questionner à propos de Chano Pozo, le mythique percussionniste qui contribua à faire découvrir les rythmes latins aux Etats-Unis. On sentait qu’il était profondément content de rencontrer quelqu’un qui l’ait côtoyé de près. Il reprenait même un de ses succès dans le film, « Blen Blen Blen ». Morceau dont les paroles sont « en langues » et  le refrain une onomatopée qui fixe la clave. Ce qui devait bien plaire à Brown tant, pour lui, la musicalité des mots est parfois plus importante que leur sens. Brown a d’ailleurs profité de ce séjour cubain pour rendre hommage à ce « Tamborero Mayor« , ce « padre del jazz » comme il le décrit, et aller découvrir la statue qui lui est consacrée.

Carlinhos Brown, où qu’il aille, se sentira comme un poisson dans l’eau mais on peut imaginer qu’à Cuba, il sera tout particulièrement à l’aise. Dans son élément. C’est cet univers qui lui a permis de se ressourcer en traçant un axe Bahia-Cuba qui inspirera un de ces meilleurs albums, peut-être le plus homogène, Carlito Marrón… Comme nous le verrons demain…

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