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Le Clube do Balanço et un documentaire sur le samba-rock

 

Puisque nous venons d’évoquer assez longuement le samba-rock à propos du premier album de Seu Jorge, voici une petite leçon d’histoire avec ce court documentaire en deux parties. J’évoquais dans ce papier l’importance du label Regata, créé par Bernardo Vilenha, pour relancer la vague du samba-rock au début des années 2000. Faisant œuvre pédagogique, Regata produisit ce film pour évoquer un style musical apparu dans les années soixante et oublié par la suite. En même temps, le documentaire nous invite à suivre l’enregistrement de l’album de Clube do Balanço, Swing & Samba-Rock.
Le Clube do Balanço était, au sein de l’écurie Regata, le plus strictement attaché à l’héritage du samba-rock, le plus fidèle dans son exécution. Marco Mattoli, un grand fan de Jorge Ben, s’y est dédié de tout son cœur, comme à une véritable profession de foi : « je ne suis pas xénophobe, au contraire, mais depuis que j’ai découvert cette brasilianidade, je ne veux plus rien savoir d’autre. Le point clé est de faire un son pop qui ait une racine brésilienne, et non le contraire, comme cela se produit généralement (…). Le samba-rock, lui, est une pure expression de l’individualité culturelle brésilienne » (« Marco Mattoli e sua saga rumo ao suingue« ).
Mattoli a donc rassemblé une bonne bande de musiciens et, ensemble, ils ont commencé à jouer dans les bals populaires de la périphérie de São Paulo. La vraie leçon du funk en quelque sorte : aller mouiller le maillot et payer de sa personne pour ambiancer les foules ! Le Clube est même devenu une sorte d’association où tous les acteurs historiques du mouvement ont pris leur carte et en sont devenus socios!
Et là, attention, ce sont ces mêmes acteurs du samba-rock que nous retrouvons dans ce petit documentaire. Un véritable casting de rêve. Pour les vétérans : Marku Ribas, Bebeto, Erasmo Carlos, Luis Vagner « Guitareiro », Hélio Matheus… Pour la nouvelle génération : Marco Mattoli bien sûr, fondateur du Clube do Balanço, Paula Lima, Wilson Simoninha, Max de Castro, Seu Jorge et Ivo Meirelles. Ce dernier se retrouve même au téléphone avec Domingas, la femme et muse de Jorge Ben…
Et, hormis Domingas, vous retrouvez tout ce beau monde sur Swing & Samba-Rock, le premier album du Clube do Balanço. Et là, on dit merci qui ? Merci Bernardo Vilenha, bien sûr ! Ne soupçonnons pas Mattoli d’aller fayoter quand il dit : « ce sera difficile de pouvoir reproduire avec un autre label ce que nous avons réussi à faire sur ce disque. Il n’y a pas grand monde qui aurait le courage de donner l’argent et la liberté que nous avons eu pour enregistrer cet album, car il fallait être audacieux pour aller sortir de l’oubli tous ces artistes que nous avons invités, parce qu’ils ne sont pas commerciaux. Regata redonne de la dignité à la MPB et honore son rôle qui consiste à valoriser l’artiste noir« .

Quant à ce premier album, je peux vous garantir que dans une fête, quand vous balancez « Zamba Ben » featuring Marku Ribas et Paula Lima, ou « Segura a Nega » featuring Seu Jorge et Ivo Meirelles, les gens dansent et en redemandent !!! N’est-ce pas le meilleur compliment que l’on puisse faire au Clube do Balanço ?

Pour revenir au documentaire, même si le grain de l’image est pourri, il est idéal pour découvrir ce style relégué à la périphérie parce qu’il n’était que la musique des Noirs brésiliens. Lesquels inventèrent les bailessamba-rock parce que c’était moins cher de passer un disque sur la platine que de se payer un groupe pour animer la fête.

Très instructif, le film insiste également sur l’importance de la danse. On y apprend même que le « Check Machine » de Paul McCartney se danse comme du samba-rock. Au Brésil, du moins…
Et, à propos, c’est quoi la différence entre suingue et samba-rock ? Rio et São Paulo, tout simplement. On dit suingue à Rio et samba-rock à São Paulo !

Première Partie :

Deuxième Partie :

Le mot de la fin revient à Seu Jorge : « le truc, c’est d’éteindre la télévision et d’aller mettre un bon vinyl !« 
Une bonne présentation du genre (mais en portugais) sur Clique Music

2 réflexions sur “Le Clube do Balanço et un documentaire sur le samba-rock

  1. J'adore cet album!! Clube Do Balanco ne sont autres que les Dap-King brésiliens (si je puis me permettre). Le samba-rock, tel le funk ou la soul, est un style unique, apparu (phénomène étrange) la même année que la bossa-nova, en 1958. Il est devenu pourtant l'anté-christ de la bossa-nova : ultra-populaire, ultra-dansant et surtout anti-médiatique : un vrai terreau pour les diggers !!Pour d'autres infos, rendez-vous à Sao Paulo dans les soirées de l'homme qui m'a converti à cette musique : Paulao http://www.djpaulao.com/

  2. Ouh la, monsieur Adri3n, je vous constate avec plaisir que nous avons là un véritable amateur éclairé de la chose. Bienvenue…

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